Mardi 2 décembre 2008
Comme le disait Richard Virenque : "marquer les étapes c'est important". Et en effet, ça fait tout pile 4 mois que l'aventure "Baptiste au pays de l'asado" a débuté ; si l'on est mathématiquement audacieux et si l'on simplifie la fraction "4/12", on peut dès lors affirmer sans trop se mouiller que j'ai réalisé le tiers de mon séjour, à l'insu de mon plein gré comme le répétait le philosophe précédemment cité.

Bref, ayant validé avec succès les trois matières que j'avais choisies, la partie "1er semestre" est terminée. Maintenant, on se dirige vers la deuxième : "La Grosse Glande", puisque je n'ai plus cours jusqu'en mars (hémisphère sud oblige). Vous trouviez que je ne faisais rien ? Le pire est à venir... Non, je rigole, pendant cette période je vais voyager (sûr) et faire un stage (dès que j'en aurai trouvé un). Je ne vais par conséquent pas passer quatre mois à boire des bières et me goinfrer chez moi, ce qui j'en suis certain rassure d'ores et déjà mon foie, mon estomac et mes parents. Non, pour tout vous dire, le stade ultime du farniente devrait paradoxalement être atteint à partir de la rentrée du 2e semestre, puisque le nombre d'heures de cours devrait passer de 12 à 8 par semaine. Je me marre.

Enfin, pour ce qui est de la destination du voyage, après le vote sur les motions, la commission de synthèse est en train d'opérer des tractations afin de dégager un compromis sur l'orientation générale. Une conférence de presse ne devrait pas tarder à éclaircir vos anxieuses lanternes. Biz à todos y todas, et rendez-vous très bientôt pour "MENDOZA - PART II".



Hasta pronto !
Par Tisto
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Mardi 2 décembre 2008


Après le carton du premier volet des aventures des Andana Jones (plus de 8 millions d’entrées au box-office dès la première semaine), les producteurs de la Godoy Crew Inc. ont décidé de lancer la suite. Après Les Aventuriers de l’Impossible, voici donc Les Eaux de l’Apocalypse, suite à grand spectacle qui tient toutes ses promesses. Malheureusement, pour ce second volet, pas de vidéo disponible ; il faudra vous contenter du récit de nos exploits.


Au casting, nous retrouvons bien sûr Tisto l’Erudit et Simon le Pourfendeur (plus de cactus mais de vagues, ce coup-ci). En revanche, pour des questions de disponibilité, les personnages de Sophie l’Amazone et de Pancho le Téméraire disparaissent. Mais ne vous inquiétez pas, d’autres figures attachantes et hautes en couleurs viennent en nombre pour les remplacer. Car cette fois-ci, les recettes du 1er film aidant, les Andana Jones ne sont plus quatre mais dix ! Dans ce nouvel opus, ils sont un commando multiculturel et surentrainé, la crème de la crème, c'est-à-dire une brigade internationale franco-germano-mexicano-argentine. Parmi les nouveaux Andana Jones, présentons-en quelques-uns (pas tous malheureusement, pour des raisons de temps) :


  • Charlotte la Lionne (France) : complice déjà présentée dans l’article Chile 2 : le retour, elle apporte sa science du sabotage et de l’action directe aux Andana Jones.

  • Marcos, le Sous-commandant (Argentine) : expert de la haute montagne et des situations extrêmes, grâce à sa profession de guide dans la province de Mendoza, il est en quelque sorte la clef de voûte du dispositif dans ce nouvel épisode.

  • Nadarosa la Naïade (Allemagne) : malgré un nom aux consonances hidalgo, c’est une véritable teutonne. Agent plurilingue aux multiples facettes, dont le sourire enfantin cache une détermination sans faille.


Mais, vous écriez-vous en chœur, « pourquoi ce titre, Les Eaux de l’Apocalypse ? ». La réponse est bien simple, les enfants. Après avoir gravi les plus hauts sommets, les Andana Jones s’attaquent à une nouvelle mission encore plus périlleuse : la descente des rapides du Río Blanco…


Nous partîmes un donc en ce beau matin de dimanche, allègres malgré une heure de réveil quelque peu difficile (7h30 pour la majorité des individus, j’avais personnellement préféré ne pas dormir étant donnés mes cycles de sommeil plus que décalés en ce moment). Un gros café, un peu de pain grillé et nous voilà en route vers le terminal de bus, rendez-vous de tous les aventuriers, et disposant par conséquent d’un stock de marchandises de première nécessité, comme le sandwich en polystyrène ou les cigarettes. Trajet en bus sans histoire, où le café ingéré m’empêche de grappiller l’heure et demi de sommeil dont j’aurais bien besoin, mais me permet en même temps d’admirer le paysage de la précordillère, dont je ne me lasse pas. Comme disait Jean-Marie Bigard : « y’a pas à chier, putain, les Andes ça troue le slip ! ».


Après ce petit trajet et une intéressante séquence « le chauffeur a décidé de ne pas passer la troisième en côte », les Andana Jones débarquent à Potrerillos, lieu de la mission, bien décidés à en découdre avec Dame Nature. Marcos nous présente ses amis, les gérants de l’entreprise « Argentina Rafting Expediciones », une des rares entreprises au monde où porter des dreadlocks est un préalable pour être embauché. Cet état d’esprit détendu, ajouté au rythme argentin déjà pas foudroyant en soi, cela fait que nous attendons pendant une petite heure et demie au soleil, sans bien savoir ce qu’on attend, mais bon. Peu importe : les Dreadeux Organisateurs (DO) nous invitent finalement à passer par la case « inventaire » pour récupérer notre panoplie d’aventuriers, que je vous laisse admirer ci-dessous.


De gauche à droite :

Votre serviteur - Simon - Adrian - Marcos - Maike - Thomas - Lucia - Elsa

(manquants : Charlotte & Nada)


La french connexion


Combi moulante façon Village People (période destroy), veste rouge anti-embruns, gilet de sauvetage et casque de mineur bolivien : la très grande classe. Ainsi parés, nous embarquons avec le matos dans le minibus qui doit amener au point de départ de nos aventures. Ça va secouer sévère, attention les yeux.


Après une petite demi-heure de route passée à transpirer allègrement dans nos combinaisons, nous déchargeons les bateaux au bord du fleuve tumultueux ; c’est l’heure du briefing d’avant-mission. Parce que mine de rien, descendre des rapides, ça exige un petit paquet de règles à observer. La première : le Dreadeux Organisateur de ton bateau est le seul maître à bord, et tout l’équipage obéit sans broncher et dans la seconde à ses ordres, lesquels sont au nombre de sept (les fameux « sept commandements du rafteur ») :


  • « Adelante » : tout le monde pagaie vers l’avant.

  • « Atrás » : tout le monde pagaie vers l’arrière.

  • « Adelante, dos » : deux coups de pagaie vers l’avant pour tout le monde.

  • « Atrás izquierda » : le côté gauche du bateau pagaie vers l’arrière, le côté droit vers l’avant.

  • « Atrás derecha » : l’inverse du précédent.

  • « Todos a la derecha » : tout le monde se rue sur la droite du bateau pour rééquilibrer le poids en situation de crise.

  • « Todos a la izquierda » : la même chose à gauche.


Fort heureusement, les deux derniers commandements n’ont pas été utilisés lors de la descente, ce qui a évité une immanquable noyade générale. S’ensuit également un briefing sur « quoi faire quand on tombe à la flotte », que je m’efforce de mémoriser du mieux que je peux étant donnée ma propension à faire – bien malgré moi – des trucs stupides. Mais le Dreadeux Organisateur de service a une fâcheuse tendance à marmonner dans sa barbe comme un chilien, ce qui ne m’aide pas, d’autant plus que j’observe du coin de l’œil une autre expédition qui commence son trajet dans les remous du Río Blanco, ce qui ne me rassure pas du tout vu les hauts et les bas qu’ils traversent. A ce stade là, j’entame les prières mentales pour le salut de mon âme de glandeur.



Une vénézuélienne et deux mexicains inconnus nous ayant rejoints en cours de route, il faut séparer la dream team en deux bateaux ; je me retrouve avec Charlotte, Thomas, Elsa et les nouveaux venus. Nous descendons le bateau jusqu’au bord du fleuve, où nous faisons un petit entraînement sur terre (quand je vous disais que ça ne rigolait pas). Notre capitaine à dreadlocks est une sorte de chamane mystique en parfaite communion avec le fleuve, les arbres et la montagne, ce qui est rassurant, et il est très sympathique. Par contre, Marcos (le seul qui s’y connaisse un peu dans ce genre d’affaires) se retrouve dans l’autre bateau : pas de bol. Je charge Charlotte de dire – si elle survit – à ma famille que je l’aime très fort, puis le Chamane donne le signal du départ. La sueur qui imprègne nos combis se glace. Glurps.


Le Rio Blanco (passage très tranquille par rapport à ce qu'on a fait)


Une fois lancés dans le courant, la première impression est que « c’est pas si dur que ça ». En fait, leurs bateaux sont tout de même ‘archement bien foutus, et surtout stables : on a beau être assis sur le bord des boudins latéraux, on ne se vautre pas pour peu qu’on ait le pied bien coincé dans l’encoche prévue à cet effet. Nous voilà donc lancés ; les vagues deviennent de plus en plus grosses, et tout le monde est vite complètement trempé. Mais le Chamane nous tient d’une main de fer, à coups de « Adelante, dos ! », « Atrás ! », et autres « Adelante, con fuerza ! ». Au bout d’un certain temps, je ne réfléchis même plus à la signification des ordres et je les exécute automatiquement ; je découvre le côté jouissif de ramer tous ensemble, comme un seul homme, et j’en viens à espérer les plus énormes vagues pour ramer comme un perdu sous les cris de mon capitaine. Une fois passés les remous les plus violents, nous poussons sauvagement notre cri de guerre en levant nos pagaies au-dessus de nos têtes au signal du Chamane, qui nous félicite chaleureusement. Ouf. On peut alors se laisser plus ou moins dériver et admirer de chaque côté du fleuve les montagnes… Silence contemplatif, on sent bien que c’est un moment unique, alors on en profite. Quelques remous plus tard, on débarque sur la rive, incrédules lorsqu’on nous annonce que notre ballade d’une heure est déjà terminée. C’était trop bien.


C'est pas nous dans le bateau, mais c'était pour que vous ayiez une idée du délire


Après avoir englouti sauvagement leurs sandwichs en polystyrène et attendu (en dormant, pour ma part) l’heure du retour vers Mendoza, les Andana Jones montent dans leur bus supersonique, avec la sensation du travail bien fait. Mission completed – To be continued…


Pour finir, je voudrais faire une big dédicace à tous les amis des ragondins et des bords de Loire en général : j’ai remarqué aujourd’hui que tous les pagayeurs du monde sont en communion spirituelle. Des ressemblances étranges existent en effet entre le kayakiste bouchemanceau et le fan de rafting à Mendoza : les deux sont tranquilles, savent apprécier les paysages magnifiques qui les entourent, font la fête dans leur base nautique et écoutent du reggae de qualité (un petit Burning Spear des familles nous attendait au retour à la base, génial). Ça fait plaisir à voir…


Un extrait de ce qu'on voyait sur les côtés pendant la descente


Le lac de Potrerillos


Par Tisto
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Lundi 24 novembre 2008

Amis du soir, bonsoir.

 

Il est présentement 5h31. Etant donné que je dois passer deux partiels demain, le premier étant à 8h30, vous comprenez pourquoi je me couche si tôt. On est Batman ou on ne l’est pas. Ne trouvant pas le sommeil, je me suis décidé à me relever et à faire quelque chose de plus constructif que d’observer les dégradés de gris de mon plafond. C’est pourquoi, afin de m’occuper et de vous fournir quelques informations de culture générale qui manquaient jusqu’ici cruellement à ce blog, je vous propose ce soir d’entamer la main dans la main un voyage périlleux mais passionnant à travers l’histoire de l’Argentine, ce si beau pays qui m’accueille présentement. Allons-y donc pour l’Argentine pour les Nuls – Version abrégée, du silex à l’asado.

 

De – 10 000 à 1536. Colons et Cro-Magnons

 

Les premiers argentins (qui ne savent pas encore qu’ils le sont) débarquent dans la pampa aux alentours du IXe millénaire avant Notre Sauveur, après s’est tapé le voyage depuis l’Asie via l’Alaska (qui touchait la Russie à cette époque), la Californie, le Mexique, le Pérou et tout l’altiplano andin, tout cela sans l’aide de la Panamericana, ce qui constitue en soi une belle performance. Fatigués par tant de route, les Cro-Magnons argentins se reposèrent jusqu’à la conquête espagnole, pendant une longue période durant laquelle rien de notable ne fut inventé, sauf peut-être l’infusion de maté (cf. articles plus anciens).


Mapuches (sud de l'Argentine et du Chili)

 

Mais les choses étant ce qu’elles sont, et Christophe Colomb ayant expérimenté la 1ère transatlantique de l’Histoire sans tomber dans un grand précipice du à la platitude dela Terre, au grand dam des catholiques européens, la monarchie espagnole eut un jour la bonne idée d’envoyer quelques bateaux remplis de brigands et de hors-la-loi (les conquistadores), « voir si des fois y’aurait pas moyen de gratter quelques territoires », selon les manuscrits royaux de l’époque. Expédition couronnée de succès puisqu’en 1536 est fondée à l’embouchure du Río de la Plata une petite bourgade répondant au doux nom de Ciudad de Trinidad y Puerto de Santa María del Buen Ayre, un nom que l’usage et la commodité d’expression transformeront finalement en « Buenos Aires », ma foi bien plus commode. L’histoire de l’Argentine moderne est lancée, attention les yeux. 

 

1536 - 1816. Le temps béni des colonies

 

L’histoire est lancée, certes, mais le départ est plutôt laborieux. La ville de Ciudad de Trinidad etc. est malheureusement assaillie par les sauvages Cro-Magnons dont nous parlions précédemment (rebaptisés « indiens » pour l’occasion, à la suite d’une malencontreuse erreur topologique). Les raids et autres pillages se suivent et se ressemblent, jusqu’à ce que la ville soit abandonnée par les colons. Le site demeure inoccupé jusqu’à ce qu’un entrepreneur venu du Paraguay, un certain Juan de Garay, entreprenne en 1580 de massacrer comme il se doit ces fourbes d’indiens, et fonde par la même occasion une deuxième fois Buenos Aires. Cette fois-ci, c’est du sérieux. Ce retour en force est en parfait accord avec la tendance historique du moment, à savoir la progression des espagnols et les massacres collatéraux d’indiens archaïques et recroquevillés sur leurs privilèges d’un autre âge. L’Espagne va finalement s’étendre sur un bon gros bout de territoire qui finira par occuper toute l’Amérique du Sud, à part quelques zones mal desservies de Patagonie. En 1776, alors que les treize premières colonies nord-américaines se font la malle, on crée en Amérique du Sud le système des vice-royautés. L’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay vont fusionner dans un marché commun appelé Vice-royauté du Río de la Plata.



 

Mais l’indépendance américaine, puis un peu plus tard la Révolution française vont donner des idées à quelques intellectuels latino-américains éduqués à grands frais dans les meilleures facs européennes : imprégnés de grands principes et d’anti-royalisme, ils se verraient bien à leur compte sur ce continent finalement beaucoup plus grand que l’Espagne, et surtout très loin. L’occasion fait le larron, et lorsque le Roi d’Espagne est fait prisonnier par notre bon Napoléon (1806), des voix commencent à s’élever et mettent l’indépendance à l’agenda public. Mais c’était sans compter sur ces traitres héréditaires que sont les Anglais, qui jouent les guerres napoléoniques dans l’autre camp, et qui profitent de toute cette pagaille pour débarquer à Montevideo et Buenos Aires, dans le but d’en faire des colonies anglaises.

 

Au début bien accueillies par la population qui commençait à se lasser de l’austérité espagnole, les troupes anglaises victorieuses sont finalement mises à la porte (enfin à la flotte en l’occurrence) par une coalition d’indépendantistes menée par un capitaine français, Jacques de Liniers, dont on ne sait pas très bien ce qu’il faisait dans le coin (1808). Cet ingénieux Liniers se fait même nommer vice-roi par intérim en l’absence de gérant pour la boutique argentine.

 

La vacance du pouvoir persiste, et en 1810 on emploie les grands moyens : la Révolution de Mai démarre pour proclamer une bonne fois pour toutes une indépendance qui se fait attendre. Le mouvement est enthousiaste et plein d’espoir, mais les espagnols et leurs partisans locaux n’ont pas dit leur dernier mot. C’est le début de la baston.

 

1816 - 1852. Le derby "fédéralisme - centralisme" tourne à l'affrontement

 

            C’est la guerre officielle entre l’Amérique du Sud et l’Espagne, où le roi a retrouvé son trône à la chute de Napoléon et refuse de se laisser bouffer par les indépendantistes au nom de son droit divin. Il n’empêche, après une campagne pénible et coûteuse en vie de civils idiots mais pleins de bonne volonté, l’Argentine et l’Amérique du Sud vont être libérées définitivement de la souveraineté espagnole, grâce notamment au tandem Simon Bolívar/José de San Martín, qui libèrent chacun un demi-continent. San Martín gagne la moitié sud de l’Amérique du Sud lors d’un épique pierre/feuille/ciseaux avec son ami Simon, et se charge donc d’en chasser les royalistes et assimilés. En 1816 a lieu le Congrès de Tucumán (trou perdu du nord argentin), où est officiellement paraphé l’acte de naissance de la République Argentine, sous les hourras des survivants. San Martín, qui avait encore envie de castagner, part libérer le Chili avec son Armée des Andes. Déjà le chilien ne savait rien faire sans notre aide…  


Le Très Vénérable Général San Martin (qui n'était pas un rigolo, comme on le voit)

 

            Une fois le pays libre, vous pourriez me dire que les ennuis sont terminés, ce à quoi je vous répondrais « que dalle mon lapin ! ». Parce que, ici comme ailleurs, on a beau être du même pays, « on lit pas tous le même journal » comme disait le poète.  Et d’autant plus dans un contexte pareil, avec ce vide béant au sommet d’un Etat qui n’existe d’ailleurs même pas. Pour faire court, à partir de l’indépendance commence une guerre civile toute aussi longue et coûteuse en vies de civils idiots que la précédente, une sorte de match entre Buenos Aires et la province, sur fond de baston entre fédéralisme et centralisme. Un régal : des batailles à n’en plus finir, une foule de petits chefs de guerre locaux (appelés caudillos) et un pays complètement ingouvernable. Pendant ce temps, les gauchos (cow boys de Patagonie) se la coulent douce en gardant leurs immenses troupeaux de bovins dans la pampa désertique, et forgent sans le savoir un bout de culture nationale.

 

            A partir de 1829 émerge la figure de Juan Manuel de Rosas, un type charmant bien qu’un peu autoritaire et pas franchement progressiste. Il gouverne la province de Buenos Aires, et pense par conséquent que les provinciaux sont des ploucs, ce qui ne lui fait pas que des amis. Mais cet homme a une poigne de fer et un habile talent à transformer les pires échecs en victoires nationales (que n’eut pas, par exemple, la junte militaire avec l’Affaire Malouines, mais n’anticipons pas). Ce talent inné va lui permette de transformer une sombre histoire conflit commercial avec la France et l’Angleterre en triomphe de la Nation Argentine. Malheureusement, ses pratiques un peu unilatérales lui créent pas mal d’ennemis un peu partout ; en 1852, une coalition de jaloux de tous poils lui colle une tannée à la bataille de Caseros. Normalement, à partir de là, l’Argentine est enfin unie. Amen.

 

1852 – 1916. Massacres d'indiens, décollage économique et tango : l'Argentine en bonne voie

 

            L’année suivante de la victoire des jaloux, c'est-à-dire en 1853, l’Argentine se dote d’une constitution de compromis qui met en place une vraie république, au moins sur le papier, mais les divergences entre les jaloux incapables de s’entendre font qu’une nouvelle rébellion anti-capitale éclate, promptement matée par les républicains qui commencent à le lasser de ce petit jeu, ce qui y met un terme.

 

            « Aurons-nous la paix, alors ? », me demanderez-vous. « Vous êtes naïfs », réponds-je avec un demi-sourire entendu. Enfin la paix, oui, certains l’auront : ceux qui ne sont pas des indiens. Et oui. Parce qu’une fois les rivalités entre descendants d’espagnols terminées, il faut bien trouver un autre ennemi à massacrer. Et comme il n’y a qu’eux, l’Argentine se tourne alors vers ses indiens, qui jusque là avaient réussi à se tenir plus ou moins à l’écart de la baston. Pas de chance pour eux, cette fois-ci c’est la baston qui va venir à eux, dans un grand élan d’unification nationale. En effet, le gouvernement argentin tolère mal d’avoir au-delà de ses frontières nord et sud des populations d’indiens qui, comme on l’a vu précédemment, sont restés fourbes et archaïques. Les provinces du Chaco et de Patagonie vont donc être le théâtre d’opérations militaires que des esprits mal placés et néo-marxisants-alter-mondialo-post-soixante-huitards qualifieront de « génocide », alors que les commentateurs de l’époque parlaient plutôt d’« explication virile » ou encore de « raffut ». Mais peu importe le débat terminologique, il convient après tout de préciser qu’en l’espace de quelques décennies, l’Argentine va faire disparaître presque entièrement ses populations indigènes (mais sans aucune mauvaise intention). A noter que c’est le seul pays d’Amérique Latine ayant atteint un tel degré d’extermination, les autres ayant massacré, mais sans plus.



 

            En 1880, Buenos Aires est officiellement consacrée « capitale fédérale » sous les huées de la province et les ricanements méprisants des porteños (habitants de Bs. As.). La haine réciproque « capitale/province » n’est pas terminée pour autant, loin s’en faut.

 

            Ces années-là sont aussi celles pendant lesquelles l’immigration européenne va se faire plus qu’intense, afin de peupler un pays un peu désert, il faut le dire (même en comptant les indiens survivants). Des Espagnols et surtout des Italiens débarquent donc par millions dans le port de Buenos Aires en important le Fernet Branca au passage, lequel port devient un grand lieu de melting-pot, car les Espagnols et les Ritals ne sont pas les seuls à affluer : on compte aussi des Allemands, des Français, des Russes, des Polonais, des Turcs, des Ukrainiens… on peut donc dire qu’à la fin du XIXe siècle, Buenos Aires est une sorte de New-York rive sud. C’est dans ce contexte un peu crado mais fort sympathique que naît le tango, aujourd’hui mondialement célèbre, mais à l’époque considéré comme une danse et une musique de rebelles, pratiquée essentiellement dans les quartiers pauvres. Le tango aurait été créé par des immigrés en crise de mal du pays, ce qui expliquerait l’atmosphère mélancolique qui l’imprègne bien souvent, et qui lui donne ce charme insurpassable, et qui fait de l’Argentine un pays trop plus mieux que le Mexique (par exemple). Le tango est aussi le chant de la frustration : il se danse souvent dans des bordels, en des temps très durs pour la gent masculine. L’immigration massive a en effet amené la capitale à une situation de trois hommes pour une femme, soit une conjoncture démographique potentiellement explosive. Heureusement, le mâle invente le tango pour se défouler, quitte à le danser entre hommes. Nous sommes alors à l’aube du XXe siècle, dans lequel nous plongerons avec bonheur, mais une prochaine fois. Il est 7h00 tout pile, je crois que je ne vais pas dormir. Je vais me faire un café. Bonne journée !


Le tango, danse de la séduction

Ici, Jean-Claude Dusse, sur le point de conclure


Par Tisto
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Vendredi 21 novembre 2008

http://www.lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=46&Itemid=94

Une fois sur la page, cliquez sur la vidéo appelée "Ripostes" : interview de Jean-Luc Mélenchon par Serge Moati dans l'émission du même nom sur la 5. Croyez-moi, c'est du lourd et ça remet du baume au coeur !


Bisoux internationalistes.


Pendant que j'y pense :

"Everyday the backet goes to the well - One day, the bottom will drop out".


Deux chupa-chups au bon rastafarien qui me donnera l'auteur de cette citation particulièrement profonde.

Par Tisto
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Lundi 17 novembre 2008
Greetings !

Les jours rallongent sévèrement, les ventilos tournent jusqu'à tard, on est en T-shirt sur la moto, on ne met plus de veste même en terrasse, les bières sont passées du frigo au congélateur (avec malheureusement une explosion a la clé pour l'une d'entre elles), bref, plein de petits signes qui ne trompent pas : l'été est là. Enfin, légalement, non, ce sera le 21 décembre, mais comme disait Laurent Romejko : "les saisons n'ont pas de dates : elle relèvent davantage de l'état d'esprit que du phénomène climatologique". En somme, l'été ou l'hiver, ça commence quand on le décide. Et là, je m'adresse à tous ceux qui pataugent dans l'immonde mois de Novembre, le pire de tous, le vautour galeux, la bête infâme, le cauchemar de la joie de vivre, et je leur dis ceci : je compatis. Mouarf !

Non parce que sérieusement, ce mois de novembre, il faudrait le supprimer (dans l'hémisphère nord). Si on est raisonnable cinq minutes, le bilan est vite fait : en quelle saison le pire mois de l'année peut-il être ? En hiver, bien entendu. Quel est le pire mois de l'hiver ? Pas décembre déjà, il y a Noël, le Jour de l'An et les indigestions qui vont avec, c'est rigolo. Pas janvier non plus, il y a mon anniversaire. Pour ceux qui n'auraient pas leur anniversaire en janvier, reconnaissez que c'est un chouette mois : OK, c'est l'hiver, il fait froid, tout ça, mais en tant que premier mois de l'année, il a ce petit charme qui vous fait bêtement penser que tout est possible : nouveau vélo, nouvelle coiffure, nouvelle femme de ménage (une Chupa Chups à celui/celle qui trouve la référence). Donc, ce n'est pas janvier. Cela pourrait-il être févirer ? Que nenni, enfin ! Février, c'est les vacances, c'est le mois juste avant mars (date légale du printemps, c'est réconfortant même si tous les ans, mars est pourri). Il ne reste, par déduction, qu'un seul mois en hiver, qui remporte la palme du pire mois de l'année, toutes catégories confondues. Définitivement, novembre c'est la plaie : il commence à faire franchement moche et froid, on se rend compte que les partiels vont bien avoir lieu (après avoir naïvement espéré pendant six mois qu'on oublierait leur existence), on se rend collatéralement compte qu'on n'a encore rien foutu, on rate le métro, les gens font la tronche, tout ça... Dernière preuve de ce que j'affirme : l'évènement le plus rock'n'roll de ces 30 jours (pas 31 encore heureux), c'est la commémoration du 11 Novembre. La grosse rigolade, en somme.

Voilà pourquoi du bas du globe terrestre, je tiens à vous exprimer toute ma compassion, en particulier pour ceux qui ont eu la riche idée d'aller passer l'année dans des lieux aussi septentrionaux que Edimbourg ou Oslo, voire Bergen ou Copenhague (ceux-là l'ont bien cherché). Mais ne perdez pas espoir : créez un groupe Facebook qui militera pour l'abolition du mois de novembre ; ça ne sert à rien mais ça fait passer le temps.

Qui dit été dit fin d'année, et ça l'est effectivement. J'ai validé dans la joie et la bonne humeur une 2e matière, Contrôle Social de la Violence, et il n'est pas exclu que je valide la seconde moitié de mon cours d'idées politiques américaines avant la fin de la semaine. Le niveau est toujours aussi effarant : dix questions à répondre en une dizaine de lignes, torché en une heure, let me do ahahah. Donc on en profite (ce qui ne nous a pas empêché d'aller faire une petite moisson de polycopiés pour le partiel qui vient), on rigole, on rigole. Récemment, on a eu la visite de Maud (expatriée, Santiago du Chili), placée sous le signe de la franche poilade et de la tranquilité taoïste. Seule déception : l'expédition aux sources thermales de Cacheuta a eu lieu le seul jour du mois où il a fait gris (post-orage), du coup on s'est un peu retrouvés chat-bite. En revanche, bonne marrade avec Sergio, un mexicain expert en guitare et en Son Jarocho, ce savoureux genre musical de l'Etat de Veracruz popularisé par Old el Paso et la Star Academy avec "La Bamba". Je risque de prendre quelques leçons avec ce garçon, qui est loin d'être une tanche la guitare à la main.

Voilà pour les petites nouvelles du moment, rien de surnaturel. On attend aussi l'arrivée de Hélène après son petit passage par la France, elle devrait pointer son museau vers la mi-décembre. Après, ce sera on-the-road-again-bernard-lavilliers-tous-en-pantalon-cuir, un grand voyage vers l'infini et au-delà. D'ailleurs, on hésite un chouilla entre les diverses destinations possibles :

Motion A : "L'été indien", nord argentin, Bolivie, Pérou.
Motion B : "La route de l'Est", Iguazu, Buenos Aires, Rio de Janeiro... (motion hétérogène au programme indéfini)
Motion C : "Le rêve de Nicolas Hulot", Patagonie et baleines dans un délire "bout du monde représente".

Si vous voulez laisser votre vote...
A bientôt !
Par Tisto
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Mardi 11 novembre 2008
Pour ceux qui ne seraient pas au courant.
D'après le blog
http://immigration.blogs.liberation.fr/coroller/2008/11/cra-vincennes-1.html





"Ils nous traitent comme des chiens", témoignage d'un sans-papiers détenu à Vincennes

Quelles sont les conditions de vie dans un Centre de rétention administrative (CRA) où sont enfermés les étrangers en situation irrégulière en instance d'expulsion? Un petit livre répond à cette question. PubliéSanspapiersfiche1par les éditions Libertalia (1), proches de la mouvance libertaire très investie dans la défense des sans-papiers, il reprend un certaine nombre de témoignages de retenus enfermés à Vincennes. Ces récits ont été recueilli au téléphone par des militants associatifs proches de cette mouvance. Le 22 juin 2008, ce CRA, le plus grand de France avec ses 280 places, partait en fumée. Pour les associations de défense des sans-papiers, cet incendie allumé par des retenus n'était pas une surprise. Les six mois précédents, les migrants avaient multiplié les actes de protestation: refus de s'alimenter, d'être comptés, tentative de suicide, affrontements avec la police. A plusieurs reprises, la Cimade (association de défense des droits de l'homme) avait alerté l'administration sur la situation explosive dans ce centre. Le décès d’un retenu tunisien le 21 juin, à qui l’administration aurait refusé les soins appropriés, a été l’élément déclencheur. Des retenus ont allumé mis le feu.

Vendredi 14 mars
«Je viens de m’embrouiller avec un flic. Un homme parmi nous est gravement malade. Il a une pneumonie depuis 2003. Il est venu en France pour consulter un médecin. Ils l'ont arrêté le 20 février. Il a un certificat médical attestant qu’il est malade mais ils s’en moquent. Le médecin du centre lui a juste donné du paracétamol. Le monsieur n’arrive pas à respirer et ils ne veulent pas le soigner.»

« Cela fait douze jours que je fais la grève de la faim. Mon père est français. Il a été amputé de ses deux jambes. Je suis venu en France pour m’occuper de lui. La Cimade a écrit au juge, mais il a demandé que je reste encore quinze jours ici.»

Dimanche 16 mars
«J’ai dit aux flics que j’étais mineur. Je leur ai demandé de m’emmener dans un centre pour mineur, mais ils m’ont emmené à l’hôpital. Ils m’ont fait un test osseux pour vérifier mon âge. Le médecin a dit que j’avais 18 ans, mais moi, je suis mineur.»

«Ils ont ramené beaucoup de monde ce week-end. Ça a chauffé. Ils voulaient nous mettre à cinq par chambre. Les flics ont sorti leurs bâtons, l’un d’entre eux son pistolet.»

«Vendredi, on a tous déchiré nos cartes (d'identification, ndlr). On les a mises dans un sac que l’on a balancé à l’accueil. Suite à cela, ils ont mis deux personnes en isolement. Ils les ont prises au hasard, parmi ceux qui parlent bien français. Les flics m’ont dit que j’étais un meneur, parce que je leur parlais au nom de tous. L’autre jour, ils nous ont tous rassemblés dans le réfectoire pour nous compter. Il y avait beaucoup de flics et des chiens. On aurait dit qu’ils cherchaient quelqu’un qui s’est enfui (...). En ce moment, ils mettent beaucoup de coups de pression. Ils nous traitent comme des chiens. La nuit, ils passent dans les chambres sous prétexte de chercher des gens. Mais ce ne sont que des coups de pression et des provocations. Ils pourraient aller directement dans la chambre du mec qu’ils cherchent. Au lieu de cela, ils font toutes les chambres (...). Il est impossible de dormir. La nuit, ils claquent les portes. On entend les aboiements des chiens de la brigade canine à partir de 4 heures du matin. Le matin, c’est le micro qui nous réveille.»

Mercredi 9 avril
«Les gens et les flics se foutent de la grève de la faim. Ils se foutent des sans-papiers. Ils s’en foutent si on crève. Les gens bouffent des lames de rasoir tous les jours et l’on n’entend pas parler d’eux. Les petits trucs qu’on fait ne valent pas le coup. Il faut vraiment foutre le bordel pour leur mettre une vraie pression.»

«Pour refuser d’embarquer, un mec a eu une idée incroyable. Il s’est chié dessus. Il s’est tout étalé sur lui. Ils n’ont pas pu l’expulser. Ils l’ont ramené au centre. Le lendemain, ils sont venus le rechercher. Ils l’ont attaché avec du Scotch et ils l’ont enroulé dans du film plastique. Ils l’ont pris et ils l’ont expulsé comme ça.»

Lundi 14 avril
«Les flics nous donnent les rasoirs entre 8 heures et 10 heures du matin en échange de nos cartes. Pour pouvoir récupérer les cartes, on doit leur rendre le rasoir (...). Samedi, un mec devait être expulsé vers l’Algérie. Pour ne pas partir, il s’est ouvert la jambe avec la lame du rasoir, en allant prendre sa douche. Il a failli se couper une veine. Ils l’ont emmené à l’hôpital. Ils l’ont ramené hier soir. Je lui ai dit que c’était une connerie. Depuis que je suis ici, quatre ou cinq gars ont fait des tentatives de suicide pour ne pas être expulsés. Certains se pendent, d’autres avalent des pièces de monnaie. Ceux qui refusent l’embarquement sont ramenés au centre pour être expulsés plus tard. Si je suis expulsé, je vais accepter. Quand c’est la deuxième fois qu’ils tentent de t’expulser, ils te scotchent comme un animal et je ne veux vraiment pas partir scotché comme un animal.»

Jeudi 24 avril
«Un retenu a dit à la cuisinière qu’il ne mangeait que hallal. La cuisinière l’a insulté. Il a jeté son plat vers elle. Il ne pouvait pas l’atteindre car il y a un grillage entre eux. La cuisinière a dit aux flics qu’il lui avait craché dessus, 20 policiers l’ont tabassé en dehors du champ des caméras. Il fait un mètre cinquante ! Ils l’ont bien amoché à coups de rangers sur le visage. Ils ont même essayé de lui casser le poignet. Ensuite, ils l’ont mis une heure en isolement, avec les menottes très serrées. Il est sorti avec les poignets enflés.»

Jeudi 15 mai
«Depuis que je suis au centre, il y a eu au moins 10 personnes, toutes communautés confondues, qui se sont coupé les veines, entaillé les bras, les jambes, qui ont avalé des lames de rasoir ou des clous. Un mec a préparé et avalé une potion à base de savon.»

Vendredi 16 mai
«La pression psychologique et physique est énorme et permanente. Si on ne présente pas notre carte de retenu, on peut être violenté. Un jeune homme faisait du sport dehors à 6 heures du matin. Un policier est venu lui demander sa carte. Il lui a répondu qu’il l’avait laissée dans sa chambre. Le policier l’a attrapé par la nuque et l’a poussé au sol en l’insultant. Ils ne sont pas polis avec nous (...). Pour moi, on est une sorte d’expérimentation pour l’école de police. Ils font des expériences sur nous. Et puis il y a les chiens de l’autre côté du centre, ils aboient toute la nuit, comme si c’était un disque, c’est insupportable.»

Par Tisto
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Mardi 11 novembre 2008
Un bon blog à voir, "Coups droits" par Alain Auffray (journaliste à Libé) : un passionnant panorama de la droite française, très doué pour trouver les déclarations les plus inavouables de ces messieurs qui nous gouvernent. Que voulez-vous, quand on n'a pas le Canard Enchaîné sous la main, on trouve des produits de substitution !

http://droite.blogs.liberation.fr/alain_auffray/
Par Tisto
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Mercredi 5 novembre 2008


On nous l'annonçait, on y croyait, et on se disait qu'il ne fallait pas s'enthousiasmer trop vite. Il l'a fait. Pas question de s'illusionner, puisqu'il reste un démocrate, candidat de centre-gauche propre sur lui et pas révolutionnaire dans l'âme... Il n'empêche que, malgré la peur, malgré l'angoisse venue quand la Floride était annoncée à 54% pour McCain par la télé argentine, on n'a pas pu retenir le frisson en regardant son discours de la victoire. "Llegó el cambio". Je n'en sais rien, mais je l'espère. Que tous les républicains se reportent à la photo ci-dessus. Bravo à Barack Obama.

Avec lui comme président des Etats-Unis et Diego Maradona comme sélectionneur de l'Argentine, le grand soir n'a jamais été aussi proche. Esperando la última ola...


Par Tisto
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Lundi 3 novembre 2008

Je suis un peu sidéré.

 

Je viens de découvrir la dernière personne qui a « fait le buzz », comme on dit de nos jours. J’adore cette expression d’ailleurs, faire le buzz. C’est génial : imaginez tous ces gens en train d’essayer de tirer le gros lot sur internet en postant leur bout de vie en vidéo ! « C’est quoi ton but dans la vie ? – Ah moi c’est faire le buzz ».

 

En même temps je comprends cette foule d'artistes en quête de reconnaissance, qui postent leur vidéo sur YouTube où on les voit en train de se faire des tresses dans les poils du torse ; ou de chanter la Marseillaise à l’envers et en gaélique : si ça fait le buzz, tu deviens une star pour le prix d’une webcam.

 

Mais bref. Je sais pas si vous le connaissez, mais le dernier buzzeur s’appelle Mickael Vendetta. C’est une espèce de minot blondasse qui s’habille en jet-setter, bouffi de prétention assumée, et qui a inventé le concept de « bogossitude », attention les yeux : « tu bois pas, tu fumes pas, tu fais du sport, et peut être un jour tu deviendras un réel beau gosse ». Mon portrait craché, vous l’aurez compris. A ce que j’ai compris, il pense faire carrière et devenir milliardaire en vendant ce concept ; moi je crois qu’on le lui a déjà piqué depuis longtemps. Enfin bon, peu importe, ce gars-là est exactement le prototype de notre chouette société de communication, de lasagnes surgelées et de buzzs sauvages. Certes, il est très con, mais il a au moins le mérite d’assumer sa connerie et sa prétention en la jetant explicitement à la figure des gens.

 

Et voilà t’y pas que, lors d’une de mes rares pauses-détente de ma vie surchargée, je tombe sur une vidéo YouTube au titre alléchant : « Mickael Vendetta humilié chez Cauet ». Tiens donc. Assumant mon voyeurisme et ma soif de sensationnel, je clique sur le lien, puis pars faire un squash le temps que ça charge (ma connexion internet n’est pas très vaillante ces temps-ci). Et bien laissez-moi vous dire que j’en ai eu pour mon argent ! A tout hasard, je vous colle le lien pour que vous voyiez par vous-mêmes : http://www.youtube.com/watch?v=NUY554ZYa_Q.

 

Pendant dix minutes, ce brave archétype du consommateur idiot, donc idéal, se fait littéralement ridiculiser sur le plateau de Cauet. Il faut préciser qu’en plus de Cauet, qui à mon avis joue au con plus qu’il ne l’est vraiment (faut dire qu’il est payé pour ça, aussi), le plateau était comme à l’accoutumée dans cette émission farci de pointures intellectuelles de premier plan, telles que Cindy Sanders (autre buzzeuse, tiens donc), ou Amel Bent. Voilà pourquoi, comme je le disais tout au début, je suis un peu sidéré. Nous sommes d’accord que l’émission de Cauet rentre dans la case « divertissement » de TF1, c'est-à-dire qu’elle a vocation à faire la promotion d’artistes géniaux – comme Amel Bent – tout en faisant glousser le téléspectateur avec quelques plaisanteries finement ciselées, du genre « bite ! », « couille ! », ou encore « j’ai la pinède en feu » (pour les débats les plus épiques).

 

Autant dire que ce bon Mickael Vendetta collait parfaitement dans le décor : il n’a rien fait de sa vie, il est titulaire d’un QI dans la moyenne de ceux des lamas chiliens, il porte des fringues de marque, met du gel, et il faudra bientôt acheter son single. D’accord, il est encore plus insupportable que les autres, du genre à se mettre tout le monde à dos, mais franchement, tout le monde autour du plateau sait bien que c’est encore un coup du Saint Buzz : plus tu dis de conneries, plus on parle de toi, plus tu vends. Et pourtant. Voilà qu’ils se mettent tous à faire leurs saintes-nitouches, du genre « oh mais t’es vraiment trop con » (venant d’Amel Bent j’aurais pas apprécié), ou alors « arrête de te la raconter comme ça ! ». J’avais envie de leur dire : « mais quoi, les mecs ? Il fait ça pour le fric, tout le monde ici en fait autant, Cauet le premier, c’est rien de plus qu’un créneau à occuper ! ». Mais non. Ce brave monsieur Vendetta (quel nom) s’est fait huer par le public, insulter par Amel Bent et par l’acolyte blonde et bête de Cauet dont je ne me rappelle plus le nom. La marmite qui se moque du chaudron, ou le biniou de la cornemuse. Alors, de deux choses l’une  (j’ai toujours adoré cette expression) : soit c’est encore un coup monté par TF1, Sarkozy ou Benoît XVI et tout est bidonné, y compris la pseudo-réaction outrée des guignols de chez Cauet, soit la télé-merde et tout le système qui va avec a atteint un seuil d’immoralité qu’elle se refuse à dépasser, certes très élevé, mais existant. Je dois avouer que je ne sais pas laquelle de ces deux solutions me terrorise le plus…

 

En tout cas ça fait du bien de pas être en France dans ce genre de situation, ne serait-ce que pour ne pas en entendre parler au JT !

 

PS : pour vous rassurer, j’ai aussi regardé un débat Besancenot-Valls datant de fin 2007. Incroyable comment Valls se fait bouffer au niveau rhétorique par Besancenot : il est d’un chiant ce Catalan ! Le pire étant quand il annonce au bout de dix minutes de palabre-fleuve, prototypique du noyage de poisson politicien, que le PS doit gagner en clarté. Oh Manuel, si tu savais…

PPS : j'ai aussi vu une vidéo d'une émission de Moati sur l'intégration, où ce petit infâme de Zemmour dit des choses tellement horribles ("l'immigration va faire exploser les nations européennes") que même Hortefeux assis à côté se tortille sur son siège tellement il est mal à l'aise. A moins que ce ne soit le petit malien mangé à midi qui ne lui pèse sur l'estomac...

Par Tisto
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Lundi 27 octobre 2008
Avant toute chose,  je voudrais signaler à mes aimables lecteurs (oui, vous) que je viens de publier un article sur mes aventures du week-end dernier, avant de partir au Chili. Pour ceux qui voudraient garder de la cohérence chronologique, il faut donc lire en premier l'article qui est en-dessous de celui-là.

Donc. Comme vous vous en doutez, je reviens d'une expédition de l'autre côté des Andes, dans ce pays étrange que l'on nomme le Chili, qui a contribué récemment à la non-victoire de l'Argentine au foot et qui, selon les slogans argentins, "sur la carte ne se voit pas". Et comme dans Le Cid, nous partîmes à 3, et nous nous vîmes au moins 7 en arrivant au port (à Valparaiso). Mais n'anticipons pas : je ne voudrais pas vous perdre sur les sentiers mystérieux de ce voyage de l'impossible.

Laissez-moi d'abord vous présenter la dream team qui s'est élancée sur la route des Andes pour y rencontrer son destin.



A gauche : Charlotte. Activiste militante de la décroissance et du ragoût de tofou. Recherchée par Interpol pour blocage de TER. Son coup spécial : le potiron au four.
Au centre : Simon, mon compère mendocino. Se donne des airs de mec organisé mais est aussi glandu que vous et moi. En tout cas que moi. Son coup spécial : la chemise ouverte.
A droite : moi-même. Ancienne star du reggae angevin au sein d'un groupe mythique, reconverti dans le barbecue. Ne quitte jamais son tire-bouchon. Son coup spécial : la Polak.

Vous constatez donc que les trois membres de base de cette expédition se complètent à merveille, ce qui est d'une importance fondamentale quand on part un peu loin.

Part 1 : Santiago de Chile - Grandes avenues et rhum à l'hectolitre

Nous voilà donc dans notre car "Andesmar" à destination de Santiago du Chili, première étape de notre raid. Malheureusement, il faisait nuit pendant le voyage, ce qui nous a empêché de profiter du spectacle apparament grandiose de la traversée des Andes. Arrêt obligatoire à la douane chilienne, qui fait prendre conscience des avantages de l'Union Européenne et de son Espace Schengen : personne n'aime se faire sortir de son bus pour aller faire la queue dans un poste de douane à 3000 mètres d'altitude (y'avait de la neige). Un joli tampon sur le passeport, vérification des sacs, et nous voilà repartis. On redescend les cols des Andes en s'approchant dangereusement du bord de la route, et donc du ravin, mais finalement nous arrivons sans problèmes à Santiago sur le coup de 6h20 du matin. Génial. Un petit coup de métro en direction de l'hotel où on comptait se loger, qui se révèle plein. Dommage, y'avait un billard, ce qui m'aurait permis de continuer à perfectionner mes talents développés à Cordoba. On finit quand même par un trouver un tout à fait honnête, le "Kapital" (va savoir pourquoi). Malheureusement, la chambre n'est libre qu'à midi ; il nous faut donc patienter un peu dans Santiago avant de pouvoir finir notre nuit. Nous voilà donc en vadrouille dans la capitale chilienne sur le mode "qu'est-ce qu'on fait dans une ville à 7h du matin ?". Je vous le dis tout de suite : y'a pas énormément de musées d'ouverts. On a donc eu le temps d'essayer tous les bancs de la Plaza de Armas, ou presque. Un petit détour également pour saluer la Moneda, le palais présidentiel célèbre pour avoir été bombardé lors du coup d'Etat de Pinochet en 1973. Sur le coup de 9h, la cathédrale jésuite ouvre ses portes, ce qui nous permet de nous mettre au frais tout en contemplant une fois de plus le goût du bling-bling qu'avaient ces petit salauds. Visite ensuite du Musée d'Art Précolombien, magnifique ; il était malheureusement interdit de prendre des photos sinon je vous aurais montré. Puis il est enfin midi : après avoir bouffé une petite côté de porc/frites dans un resto, nous gagnons enfin le droit d'aller dormir.


Devant la Moneda - Salvador t'es pas mort...

Après une bonne sieste bien méritée, retour à la vie et escalade du Cerro San Cristobal, colline en plein milieu de la ville d'où on peut contempler tout Santiago, à condition d'arriver au sommet. En effet, le funiculaire qui amène habituellement les flemmards en haut du cerro était "fermé pour travaux", ce qui nous a obligé à prendre le chemin des winners et à se taper l'ascension à pied. Un peu crevant étant donnée la chaleur, et surtout grâce au pseudo raccourci magique trouvé par Charlotte, qui nous aura fait perdre un bon quart d'heure à tenter de grimper un éboulis avec des chaussures de ville. Expérience intéressante, néanmoins. Arrivés à grande statue de la Vierge qui domine la colline, on peut enfin profiter de la vue, qui vaut le détour il faut l'avouer.


Pas mal, hein ? Bon, c'est sûr qu'architecturalement parlant, Santiago est pas la ville la plus ouf du monde. Mais ça m'impressionne toujours de voir une ville d'en haut.

Après cette partie d'escalade, retour à l'hôtel pour une douche obligatoire après nos efforts de la journée ; et on dira encore que les français sont des déguelasses. Pendant ce temps, je profite du câble de la télé dans l'hôtel pour voir les cinq dernières minutes de Chelsea-Roma en Ligue des Champions (victoire de Chelsea 1 - 0), ainsi qu'un bout de Matrix en espagnol : je dois dire que Néo a vraiment une voix de chiotte. On peut parfois se plaindre des doublages français, mais alors là on pétait les scores, je vous assure. Bref. Une fois tout le monde récuré, nous retrouvons Maud, digne successeuse (ça se dit, ça ?) de mon frérot en tant que française à Santiago, dans le quartier de Bellavista, le seul quartier vraiment joli de la ville. Petite(s) bière(s) en terrasse et empanadas franchement crados (y'avait que de la pâte, pas de fromage) ; on échange des nouvelles et on rigole un coup. Puis changement de bar et récupération en chemin d'une copine de Maud pour partir à l'assaut d'un nouveau bar. Découverte d'un fait très intéressant : à Santiago quand tu demandes un rhum, au lieu de te servir les quatre centilitres réglementaires, tu as un demi verre plus des glaçons. Au moins on se fout pas de ta gueule. Et puis, comme on avait la bougeotte, on a encore bougé à un troisième bar où un pote de pote de Maud fêtait son anniversaire, où le rhum était servi dans les mêmes conditions que dans le bar précédent. Rencontre avec le vin chilien, honnête mais sans plus. Et puis, les forces réactionnaires chiliennes étant toujours présentes, le bar a fermé vers 2h, ce qui nous a obligé à en retrouver un autre. Retour à la case départ, c'est à dire Bellavista, pour une ou deux dernières bières, puis retour à pied jusqu'à l'hotel.

Petite grasse mat', puis direction La Chascona, la maison de Pablo Neruda (poète et homme politique chilien) à Santiago. J'avais déjà vu sa baraque à Valparaiso il y a deux ans, mais pas elle, et je dois dire qu'elle est encore plus belle que celle de Valparaiso. Déco de ouf et jardin ombragé avec plein de coins et de recoins, des escaliers qui serpentent entre les massifs de fleurs. Le panard, quoi. On était tellement bien ici, et il faisait tellement chaud dans le reste de Santiago, qu'on a squatté la terrasse du bar pendant les heures les plus chaudes de la journée. Ensuite, petit détour par le zoo de Santiago où on a tous retrouvé notre âme d'enfant sur le mode "ooooh c'est quand même gros un éléphant !". Et puis il était temps de prendre un bus pour rejoindre Valparaiso, où nous attendait la 2e partie de notre voyage...

Part 2 : Valparaiso, "une favela bobo qui se donne des airs de Rummikub"

Nous quittons Santiago en fin d'après-midi pour rejoindre Valparaiso, à une heure et demie de bus de là. Route tranquille, le soir tombe pendant que nous cheminons. Arrivée sur Valparaiso : on aperçoit brièvement les collines illuminées au détour d'un virage, sorte d'avant-goût du spectacle à venir. Mais ce n'est qu'en arrivant sur le balcon d'Anjela, notre grâcieuse hôte pour le séjour, que je me suis rendu compte que j'étais back in Valpo. Je suis désolé si vous n'avez jamais vu la ville, parce que je serais bien incapable de rendre compte par écrit de comment cette ville est magnifique. Même des photos ne lui rendent pas hommage... Valparaiso, c'est une ville qui n'appartient à aucun pays, qui existe en elle-même et qui ne se voit nulle part ailleurs. Elle est située sur la côte du Chili, dans une grande baie qui s'appelle, ô surprise, la baie de Valparaiso (moi même, je ne l'ai appris qu'hier). Elle s'étale sur une multitude de collines (les cerros) qui surplombent cette baie, et est constituée par un enchevêtrement inextricable de maisons colorées : jaune, orange, bleu, vert, rouge, tout y passe. Les rues y sont parfois  des pentes himalayesques, où les trottoirs sont transformés en escaliers pour plus de commodité. On y croise une multitude de ruelles, de coins, de détours, d'escaliers étroits qui en font un labyrinthe pour le non-initié comme vous et moi, et le moindre mur y est décoré par une fresque, un portrait, une peinture abstraite, un dessin d'enfant. Et je peux vous dire que quand on arrive de Sainte-Gemmes sur Loire, 49, et ben ça décoiffe. Le jour, du sommet d'un cerro, tu peux voir l'étalage incroyable des couleurs des maisons ; la nuit, c'est tout noir mais les illuminations des rues transforme la ville en ce que Pablo Neruda (encore lui !) appelait "une étoile scintillante perdue dans l'univers". Le bougre avait le sens de la formule.



Comme je vous le disais, nous sommes arrivés en début de soirée chez Anjela et ses colocataires, dans un appart très sympa hormis le fait qu'il est situé assez haut sur le Cerro Alegre et qu'il faut par conséquent se casser un peu les pattes pour y accéder. Mais la vue dont je viens de vous causer compense 1000 fois ce désagrément. Bref, une fois arrivés en haut, on pose les sacs et nous voilà déjà repartis pour une soirée à la Universidad Catolica de Valparaiso, où il y avait un concert. La première partie était assurée par un groupe de trois colombiens qui faisaient dans le traditionnel, plutôt sympatoche, mais les stars de la soirée ont été le groupe floklorique Mapuche qui a débarqué ensuite. Les Mapuches, ce sont des indiens qui ont la particularité d'avoir résisté extraordinairement longtemps (en encore aujourd'hui), que ce soit contre les Incas, les Espagnols ou l'Etat chilien, c'est à dire tous les gens qui se sont appropriés leurs terres. Et ils ont aussi le sens du rythme, ce qui ne gâche rien. Dans ce groupe, les mecs jouaient de la musique (flûtes, grosse caisse, caisse claire, cymbales) et les filles dansaient, le tout en tenue traditionnelle. Et ils ont bien fait décoller la soirée, qui s'est terminée par une grande farandole du n'importe quoi dans la cour de la Catolica : rigolo comme tout. Quand il a fallu vider les lieux et la dernière gorgée, on a cherché un bar censé être très sympa, mais qui s'est surtout révélé être très loin et très fermé. Pas de bol, et retour à pied jusqu'à l'appart. Rencontre avec deux colocs d'Anjela, eux aussi de retour de soirée, et échange de vues assez improbable sur l'intérêt du modèle scandinave. Pourquoi pas ?



Le lendemain, visite de la maison de Neruda à Valparaiso (il en a plusieurs, oui). Je l'avais adorée la première fois que je l'ai vue, mais je dois dire qu'après avoir vu celle de Santiago, celle-là paraît moins bien, d'autant plus qu'il faisait gris, ce qui gâche un peu la vue que ce bon vieux Pablo s'était arrangé pour avoir. Il n'en reste pas moins qu'il habitait une maison de dingue, où tu as l'impression d'être sur un bateau. Ah oui, on avait été rejoint le matin par le reste de la dream team arrivée de Mendoza : Thomas, alias Tomatito, Elsa sa copine, et la camarade Mumu from Rennes. On était donc au complet pour affronter les mystères impénétrables de Valpopo.

Bref, journée de visite et de balades ; le soir, on retrouve Ariel, Matthias et Aude, autres camarades rennais installés à Valparaiso cette année (oui y'en a plein). Apéro sur le balcon, puis squattage dans la maison d'un pote d'Ariel et Matthias qui fêtait son anniversaire. Encore de la grimpette, de la rigolade et un retour à l'appart bien exténué.

Quand je vous disais que c'était beau...

Pour se récompenser de tous ces efforts, nous nous sommes accordés un repas dans un resto à fruits de mer sur le marché de Valparaiso. Je ne sais pas depuis combien de temps j'avais pas mangé de ça, mais je dois dire que ça fait du bien et que les habitants de cette ville ont bien de la chance de pouvoir se goinfrer de coquilles saint-jacques. D'un autre côté, moi j'ai mon boeuf. Choisis ton camp, camarade. Toujours est-il que cette assiette de coques grillées au beurre et au parmesan était un régal complet. Petite digestion au bord de la baie avec coucou aux éléphants de mer qui s'y prélassent (je vous jure), et nous voilà repartis vers le musée de l'Ex-Carcel, une ancienne prison reconvertie en centre culturel. Malheureusement, c'était fermé là aussi, mais la vue de l'endroit où elle est située valait le coup à elle toute seule.



Au retour, petite session musicale. D'abord sur le balcon : il fallait que je puisse dire "j'ai joué de la guitare seul sur un balcon avec coucher de soleil sur la baie de Valparaiso". Ensuite avec des colocs d'Anjela et leurs amis, qui eux étaient plutôt dans le registre "traditionnel andin", tranquillou. Pour finir, on s'est fait un petit trio avec Tomatito aux percus, moi à la guitarra et Doran (coloc canadien d'Anjela, une crème) à la mandoline. Je dois dire que ça faisait du bien de se replonger de le délire western-shadok-swing-tange... Enfin, soirée dans une nouvelle maison, avec une nouvelle vue, où j'ai pu tâter du pisco (alcool de chilien) qui n'a guère de personnalité, et où nous avons fini avec Sophie (arrivée de Concepcion pour qu'on lui fête son anniversaire) et un autre français à beugler des chansons de Renaud et de Brassens. Les flics chiliens ont débarqué peu après pour cause de boucan ; de là à voir un lien de cause à effet entre les deux évènements, je ne saurais dire... Panique à bord : on était pas mal de français, évidemment sans nos passeports sur nous, et d'après les chiliens ça aurait pu causer des emmerdes. Il faut savoir que le flic chilien (le paco) est assez obtus et se rapproche assez du militaire, tant du point de vue de son uniforme que de son QI. Bref, après une session "tous planqués dans le salon", on s'est un peu fait mettre dehors par le proprio légèrement blasé, mais dans la joie et la bonne humeur. Et en plus, c'était juste à côté de chez Anjela, et en descente : trop bien.

Après toutes ces péripéties, nous étions un peu fatigués pour le dernier jour, qui a consisté à aller se vautrer au soleil sur Playa Ancha en bouffant des empanadas crevette/fromage (fameux). Le soir, bouffe d'adieu avec toute la dream team et le canadien joueur de mandoline. On sentait que tout le monde était un peu blasé de partir, mais bon... petit pastis/clope à la fenêtre pour se consoler, et vue sur le coucher de soleil et les nuages roses dans le grand ciel bleu de Valparaiso. J'ai pas pris de photo, désolé. J'étais accoudé à la rambarde et j'avais pas envie de bouger.

Au final, quand je suis monté dans le bus, j'avais l'impression d'avoir quitté Mendoza il y a des semaines, tellement le voyage avait été rempli. Un putain de voyage, en vérité. Après avoir pris contact avec le Chili il y a deux ans, y revenir m'a fait bien plaisir. L'épisode 2 était aussi bon que l'épisode 1. Et comme la rumeur parle d'un nouvel an sur les hauteurs de la baie de Valparaiso, je me dis que l'épisode 3 ne devrait pas tarder...


PS : Deux nouveaux blogs ajoutés à la liste sur votre droite, qui valent tous deux le détour, celui de Charlotte (oui la reine du potiron au four), et celui de ce cher Bichette, qui daigne enfin donner des nouvelles au commun des mortels depuis son lointain Mexique. A voir !

Par Tisto
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