Alors que les Bertrand, Copé, Hortefeux et autres Fillon se tirent dans les pattes sous le regard amusé de Sarkozy, que reste-t-il de la droite française,
la vraie, celle qui avait au moins le mérite de sourire en t'entubant ? Eh bien autant vous le dire tout de suite, c'est la crise. Certes, maître Raffarin continue de distiller ses maximes
métaphysico-rurales, mais il est tel le dernier des mohicans dans cette Sarkozie arriviste qui ne sait même plus qui était Georges Pompidou : Villepin s'approche dangereusement de la case prison,
Alain Juppé boude toujours depuis qu'il s'est fait voler son siège de député, Pasqua va peut-être passer devant la Cour de Justice de la République, Borloo a sombré dans l'alcoolisme, et Chirac,
le plus digne représentant de la "droite saucisson", eh bien Chichi déprime... Voyez plutôt :
Morose et nostalgique, le président Chirac s’ennuie, déprime et tourne en rond. Que faire de ces interminables journées ?
L’ancien chef de l’Etat semble préférer son bureau de la rue de Lille à son appartement du quai Voltaire, généreusement prêté par la famille Hariri. Un emploi du temps qui lui laisse quelques
libertés, un jour à son bureau au Conseil constitutionnel, une discrète visite au musée des Arts Premiers, un triste week-end en Corrèze…
A 76 ans, l’ancien chef de l’Etat en est réduit à promener Sumo, il était question qu’il s’attelle à ses Mémoires, il n’en a toujours pas écrit une ligne, un pensum qu’il retarde de semaine
en semaine, malgré l’amicale pression de son éditeur. On aperçoit régulièrement Jacques Chirac chez le coiffeur de l’Assemblée, il déjeune juste à côté de chez lui au Voltaire, la table est
généreuse, le patron accueillant et la clientèle fortunée. Bref, Jacques Chirac se morfond. Ses projets : un probable voyage au Japon, des vacances à Marrakech et à Taroudant pour les fêtes.
Ses amis se font rares, peu de ses anciens ministres et collaborateurs lui rendent visite, Bernadette Chirac est souvent absente (« Pièces jaunes » oblige), mais plus rien n’étonne
l’ancien président, pas même l’ingratitude, encore un mal français.
(France Soir)
Je ne sais pas vous, mais moi ça me met la larme à l'oeil d'imaginer le Grand Jacques en train de promener son Teckel sous le crachin parisien de
ce début décembre, ou de faire des solitaires au milieu du grand appartement vide des Hariri... Encore un drame du 3e âge et de la solitude qui l'accompagne. Etant entièrement d'accord avec le
journaliste de France Soir et son allusion absolument pas démago à "l'ingratitude des français", je vous propose de créer un groupe de soutien qui militera pour le retour d'une vraie droite,
celle qui sait passer des heures à tâter des culs de vache au Salon de l'Agriculture, piquer dans la caisse en se rendant sympathique, bref, une droite bien de chez nous qui nous manque tant
depuis le débarquement en force de ces hystériques incultes qui squattent notre gouvernement. L'incomparable avantage de Chirac sur Sarkozy,
c'est qu'il avait tellement d'ampleur en soi que sa simple présence à l'Elysée constituait un programme politique, alors que l'autre nabot, avec ses complexes d'infériorités et son Oedipe mal
résolu, se sent obligé d'empiler les réformes pour exister. Que de boucan... Bref, à droite comme à gauche en ce moment, on ne peut qu'être d'accord avec Francis Cabrel : "c'était mieux
avant".