Il fallait que je vous parle de quelque chose qui depuis le début de l'année s'est passé à déjà de nombreuses reprises, et qui se produit de plus
en plus ces temps-ci : la despedida. Pour ceux qui connaissent pas ou qui ne parlent pas espagnol, une despedida est un genre de fête spécial, que l'on organise lorsque quelqu'un s'en va, pour
dire au revoir. Et étant donnée la bonne concentration d'étrangers (dont de français) à Mendoza, laissez-moi vous dire que je commence a en avoir fait un paquet.
Comment ça marche, une despedida ? Eh bien disons que c'est le genre de fête que l'on ne rate pas à moins d'avoir une bonne grippe porcine, et encore. Vu que c'est une occasion, on ramène
toujours une bouteille en plus, au cas où (bord de Loire assure ses arrières, toujours). A la limite on peut même faire péter dans le registre bouteille de luxe. Et puis on se met en route et
c'est parti. Toute la question réside alors dans le fait de ne pas s'enflammer trop vite pour finir à 3h avant tout le monde endormi dans le canapé. Non, le but ultime du gentleman se rendant à
une despedida est de despider jusqu'au bout de la nuit, c'est à dire jusqu'à ce que celui/celle qui se despide aille se coucher ; alors la mission est accomplie. Et laissez-moi vous dire que ce
n'est pas facile tous les jours : étant donné le caractère euphorico-exceptionnel de la fête (non pas qu'on soit content que la personne s'en aille, bien entendu), et ses tendances
émotionno-tripales, il faut savoir doser l'effort tel un athlète kényan en marathon. Pour ça, chacun sa technique ; l'art d'assurer ses arrières y atteint des sommets. Si vous voyez moins de
quatre personnes discuter dans un coin avec des airs de conspirateurs, c'est qu'ils sont en train de planquer une bouteille. La rumeur dit même que certains despideurs les plus astucieux vont
jusqu'à cacher leur vodka dans le tambour de la machine à laver.
Mais la despedida n'est bien entendu pas qu'une affaire de liquide. C'est aussi avant tout l'occasion de faire un grand au-revoir général à la personne despidée. On peut échanger ses mails, se
faire des gros câlins d'adieux, offrir un cadeau. On peut même faire de multiples despedidas, histoire d'être sûr. Ou alors une despedida d'un week-end ! On se demande si on se reverra ; réponse
dans les mois qui viendront. Quoi qu'il en soit, une despedida réussie doit offrir son lot de trinquages à l'amitié éternelle entre les gens et les peuples, de papotages de couloir et autres
clopes de lever de soleil une fois tout le monde couché. C'est pour ça que c'est toujours plutôt chouette. Inch Allah, je me despiderai sur une de ces fiestas légendaires, et la machine à laver
aura quelque chose pour moi sur le coup de 7h.
Avec un gros big up à celles et ceux qui se sont despidés et qui se despideront bientôt.
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Ma mère m'a dit "Baptiste, tu deviens un peu encombrant", du coup j'ai foutu le camp... je rigole, vous le savez bien, je suis ici au su de mon plein gré, et cette page va vous permettre de vous y tenir (tenir à quoi ? bah à la page !). Besitos a todos !